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Dominique Langlois
J’ai d’abord suivi un parcours en lettres, profil langues au cégep, avant de poursuivre avec un baccalauréat en traduction à l’Université de Montréal.
Francis Goulet
Parcours : certificat en allemand (obtenu de l’UQÀM en 2023), Cégep Saint-Laurent (en arts et lettres, profil langues), École internationale de Montréal (secondaire). Ancien serveur et barman.
En quoi consiste la révision linguistique d’un manuscrit ?
Évidemment, il est primordial de communiquer avec le ou la graphiste qui enverra l’épreuve mise en page. Il faudra relire le manuscrit quelques fois au total et bien s’assurer qu’il est exempt de coquilles avant de l’envoyer à l’impression.
Dominique : La révision linguistique d’un manuscrit va bien au-delà de la simple correction d’erreurs. Bien sûr, elle comprend la correction de la grammaire, de l’orthographe, de la ponctuation et des accords, mais elle touche aussi à des aspects beaucoup plus larges du texte.
Réviser un manuscrit, c’est veiller à la clarté, à la fluidité et à la justesse de la langue. Cela peut vouloir dire reformuler une phrase maladroite, corriger une construction syntaxique lourde, préciser un mot mal employé ou améliorer l’enchaînement des idées pour que le texte se lise de façon plus naturelle.
La révision linguistique demande donc un travail en profondeur de la syntaxe, de la sémantique, du rythme et de la cohérence du texte. L’objectif n’est pas de réécrire à la place de l’auteur, mais de respecter sa voix tout en l’aidant à exprimer sa pensée de la manière la plus juste, la plus claire et la plus soignée possible.
Autrement dit, le réviseur linguistique ne se limite pas à « corriger » : il contribue à faire ressortir le plein potentiel du manuscrit.
Quelles erreurs les auteurs sous-estiment-ils le plus ?
Il peut s’agir de tournures maladroites, d’expressions qui ne sont pas idiomatiques ou de constructions qui, sans être totalement incorrectes, ne correspondent pas à l’usage naturel du français. Par exemple, certaines prépositions mal employées, des structures influencées par l’oral ou encore des combinaisons de mots peu naturelles peuvent nuire à la fluidité du texte.
Les choix lexicaux jouent aussi un rôle important. L’emploi de verbes génériques comme « faire », « avoir » ou « être », bien qu’ils soient corrects, peut appauvrir le texte lorsqu’ils sont utilisés de façon répétée, alors qu’un verbe plus précis permettrait d’exprimer l’idée avec plus de justesse et de nuance.
Ce sont donc souvent ces éléments plus subtils – liés à la syntaxe, à la sémantique et aux usages – qui passent inaperçus, mais qui font toute la différence dans la qualité d’un texte. La révision linguistique permet précisément de les repérer et de les ajuster pour rendre le texte plus naturel, plus précis et plus agréable à lire.
Quelle est votre approche de travail pour respecter la voix unique de l’auteur ?
Je crois qu’il faut respecter le fait qu’il s’agit de l’œuvre de quelqu’un d’autre. Nous avons une certaine liberté d’action, mais il faut également se garder une petite gêne et communiquer le plus possible afin d’améliorer le texte tout en respectant l’intention et le ton de l’auteur(e) quant à son histoire. Il faut user de discernement.
Concrètement, je me penche d’abord sur la compréhension du ton, du rythme et de l’intention du texte. Est-ce qu’il est spontané, introspectif, narratif, plus soutenu? Cette lecture attentive me permet de m’ajuster à l’univers de l’auteur avant même d’intervenir.
Ensuite, lorsque je révise, je privilégie toujours les corrections qui respectent le plus possible les mots et les tournures d’origine. Je reformule uniquement lorsque c’est nécessaire – pour corriger une maladresse, clarifier une idée ou améliorer la fluidité – mais sans lisser la personnalité du texte.
Je considère que chaque manuscrit a sa propre musique. Mon travail consiste à éliminer les fausses notes, sans jamais changer la mélodie.
Enfin, lorsque certaines interventions sont plus délicates, je prends soin de les signaler en commentaire afin que l’auteur puisse faire ses choix. La révision devient alors un dialogue, plutôt qu’une transformation imposée.
Quels conseils donneriez-vous à un auteur avant d’envoyer son manuscrit à un réviseur ?
Il est également utile de relire son manuscrit une dernière fois avant de l’envoyer, afin de corriger les erreurs évidentes et de clarifier certaines formulations. Cela permet au réviseur de se concentrer sur un travail plus fin et plus approfondi.
Je conseille aussi à l’auteur de mettre au clair ses intentions : quel est le ton souhaité, le public visé, le niveau de langue? Ces éléments aident à orienter la révision et à respecter pleinement la voix du texte.
Enfin, il est important d’aborder la révision comme une collaboration. Le fait d’être ouvert aux suggestions, de poser des questions et de prendre le temps d’examiner les commentaires permet de tirer le maximum de cet échange. Une bonne révision permet d’enrichir le texte, mais aussi le regard que l’auteur porte sur son propre travail.
Qu’est-ce qui fait une bonne collaboration entre auteur et réviseur ?
Je laisse toujours des commentaires ou des questions dans les marges du manuscrit en lien avec certains passages du récit. Des échanges de courriels ou des appels téléphoniques entre l’auteur et moi-même s’avèrent toujours très utiles et constructifs.
De son côté, l’auteur gagne à communiquer le plus tôt possible toute information pertinente, comme une échéance de publication ou des intentions particulières quant au ton et au style. Le réviseur peut ainsi adapter son travail et son échéancier en conséquence.
Le réviseur, quant à lui, a la responsabilité d’accompagner l’auteur avec clarté et transparence, en expliquant ses interventions lorsque nécessaire et en signalant rapidement tout élément susceptible d’influencer le déroulement du projet.
Enfin, une collaboration réussie repose aussi sur un respect mutuel du cadre établi : délais, étapes de travail et modalités convenues. Lorsque chacun remplit son rôle et communique ouvertement, la révision devient un véritable partenariat, au service du texte et de sa qualité.
Que diriez-vous à un auteur qui hésite à investir dans la révision ?
Même lorsque l’on maîtrise bien la langue, il est très difficile de porter un regard entièrement objectif sur son propre texte. Un manuscrit gagne toujours à être relu par un œil extérieur, capable de repérer les maladresses, les incohérences ou les formulations moins naturelles.
La révision ne se limite pas à corriger les fautes : elle permet de rendre le texte plus fluide, plus précis et plus agréable à lire. Or, l’expérience du lecteur repose en grande partie sur cette fluidité. Des erreurs ou des tournures maladroites, même ponctuelles, peuvent freiner la lecture et nuire à l’immersion.
On accorde souvent beaucoup d’importance à la mise en page ou à la couverture – à juste titre – mais le cœur d’un livre demeure son texte. C’est lui que le lecteur parcourt du début à la fin. Investir dans la qualité de la langue, c’est donc investir directement dans la crédibilité de l’ouvrage et dans le respect de son lecteur.
La révision n’est donc pas un luxe : c’est un véritable levier pour faire ressortir tout le potentiel d’un manuscrit.
Quel est votre livre préféré ou une dernière lecture coup de cœur ?
Francis : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury ou un des nombreux voyages extraordinaires de Jules Verne (Le Tour du monde en quatre-vingt jours, Michel Strogoff, Vingt Mille Lieues sous les mers, Le Phare du bout du monde ou encore Voyage au centre de la Terre).
Comment fonctionne notre service de révision ?
Comme pour tous nos autres services, nous avons à cœur de vous proposer un processus simple et transparent, dans lequel vous aurez toujours un plein contrôle sur votre projet.
Voici les principales étapes par lesquelles passera un manuscrit avec le service de révision linguistique :
1. Prise de contact
Dans un projet en autoédition, le processus de révision s’enclenche une fois que l’auteur a accepté le devis et confirmé le mandat. Un premier échange permet alors d’établir les bases de la collaboration, notamment par l’envoi d’un contrat et la confirmation des délais.
2. Révision approfondie
La révision se déroule ensuite sur une période déterminée, durant laquelle le réviseur travaille en profondeur sur le manuscrit. Il corrige les erreurs, améliore les formulations, ajuste la syntaxe et veille à la cohérence et à la fluidité du texte. Les questions ou ambiguïtés sont consignées directement dans le document, sous forme de commentaires, afin de pouvoir les vérifier auprès de l’auteur.
3. Envoi de la première version révisée
Une fois la révision terminée, le manuscrit est remis à l’auteur en deux formats : une version avec le suivi des modifications, qui permet de visualiser les interventions effectuées, et une version épurée pour une lecture continue. L’auteur peut alors prendre connaissance des corrections, répondre aux commentaires et proposer, au besoin, certains ajustements.
Note : Dans le cas d’un manuscrit très volumineux, cette étape peut parfois se dérouler au fur et à mesure, avec par exemple l’envoi à l’auteur de plusieurs chapitres révisés, sans attendre la révision complète du manuscrit.
4. Mise en page et dernières vérifications
Après cet échange, les corrections définitives sont intégrées. Le texte est ensuite mis en page, puis fait l’objet d’une dernière relecture – la correction d’épreuves – afin de repérer les dernières coquilles avant l’impression.
Tout ce processus permet d’assurer un accompagnement structuré, tout en respectant la voix de l’auteur et en garantissant la qualité linguistique du texte jusqu’à sa version définitive.
HÉLÈNE GIGUÈRE, auteure de Mon corps, ce mal compris

