Vous avez rédigé avec le plus grand soin votre manuscrit, vous l’avez lu et relu, fait corriger, amélioré et le voilà finalement prêt… pour mettre en valeur votre texte et donner à votre futur livre une touche unique, avez-vous pensé à l’agrémenter d’une ou plusieurs illustrations ?
Pour cela, nous vous proposons de faire la connaissance d’une illustratrice professionnelle et collaboratrice de BouquinBec depuis 2023. Dans cette entrevue, Sarah Fatmi partage avec nous son expérience, ses inspirations et son point de vue sur son métier passionnant.
Son site internet : www.sarahfatmi.com
Sa page Instagram : @ssarahfatmi
Table des matières
Est-ce que tu pourrais nous raconter ton parcours professionnel ?
Sarah : Après des études de design graphique spécialisées en Print et Typographie (Ecole Axe Sud- Ecoles de Condé à Toulouse, France) en 2015, je me suis rapidement lancée en tant que graphiste à mon compte. J’ai notamment travaillé pour un magazine de théâtre et aussi testé l’expérience en agence de communication.
Néanmoins, mon premier amour a toujours été le dessin et en 2020 j’ai donc décidé d’élargir ma pratique à l’illustration. Mon arrivée à Montréal il y a 2 ans a ensuite été un véritable tremplin ! Cette ville m’a offert l’opportunité de me révéler artistiquement et m’a permis d’explorer de nouvelles voies. J’ai ainsi pu animer des ateliers d’art, travailler en très grand et même organiser une exposition. Aujourd’hui, j’ai trouvé mon équilibre et jongle entre graphisme et illustration au gré des différents projets. J’anime aussi ponctuellement des ateliers d’art avec enfants et adolescents : ils ont beaucoup à m’apprendre !
Quelles sont les raisons pour lesquelles tu as choisi le métier de graphiste et d’illustratrice ?
Sarah : Depuis toute petite, je dessine, partout et tout le temps : il faut voir le nombre de classeurs remplis de mes « œuvres » chez mes parents ! Il m’a donc semblé naturel de me tourner vers un métier de l’image lorsque j’ai dû choisir une orientation. Fascinée par le monde de l’illustration, j’ai cependant d’abord opté pour le graphisme qui me paraissait une voie plus « sûre » offrant davantage de débouchés. Et je ne regrette pas ce choix : le graphisme et l’illustration se complètent merveilleusement bien et faire les deux me permet de ne jamais m’ennuyer !
J’apprécie aussi grandement de pouvoir, pour un projet de livre, m’occuper aussi bien de l’illustration de couverture que de la mise en page intérieure. C’est vraiment une chance de pouvoir vivre de ce qui nous passionne; je ne me verrais pas faire autre chose !
Quel genre de littérature préfères-tu ?
Sarah : Question difficile ! Je dirais que c’est par périodes. Jeune, j’ai découvert la littérature avec le nouveau roman, en dévorant les œuvres de Marguerite Duras. Plus récemment, alors que je n’étais pas particulièrement attirée par la fantasy, j’ai été happée par la saga L’assassin Royal de Robin Hobb, et honnêtement j’y suis devenue complètement accro : j’ai passé ces derniers mois à ne lire pratiquement que ça !
J’aime aussi beaucoup lire des contes et légendes, je trouve que ça dit beaucoup des pays et des périodes dont ils sont issus, et j’y puise souvent de l’inspiration pour mes images. En tant qu’illustratrice, je prends aussi beaucoup de plaisir à parcourir des romans graphiques ou de beaux albums jeunesse (ici au Québec on est servis!).
Comment décris-tu le travail d’une illustratrice ?
Sarah : C’est le métier rêvé ! Pour moi, il se divise en deux volets. D’un côté, il y a le travail de commande, où je collabore étroitement avec mes clients pour comprendre leurs attentes et transformer leurs idées en images. J’aime ce travail là car il me pousse à me renouveler constamment, à moduler mon style et découvrir des façons de créer auxquelles je n’aurais pas forcément pensé spontanément.
De l’autre côté, il y a la création personnelle, où je laisse libre cours à mon imagination sans contrainte. Les œuvres qui en découlent deviennent ensuite des affiches, des murales ou encore des projets de livre jeunesse…
Pour moi, ces deux aspects sont intimement liés et se nourrissent l’un l’autre.
Pour découvrir la page Instagram de Sarah : @ssarahfatmi
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D’où proviennent les sources d’inspiration pour tes créations et quels sont les styles d’illustrations que tu réalises ?
Sarah : Pour mes projets personnels, l’inspiration peut venir de n’importe où : ce que je vis, une rando en nature, une musique, le passage d’un livre qui me marque…
J’aime d’ailleurs beaucoup aller travailler dans les cafés. C’est là que je me sens bien pour créer, un london fog à portée de main. L’atmosphère et les gens autour m’inspirent, et on y fait souvent de belles rencontres ! Quant à mon style, je dirais qu’il se caractérise par des lignes simples, des personnages mi-animaux mi-humains et beaucoup de couleurs ! Mais j’aime le faire varier au gré des différents projets.
Sinon, lorsque je collabore avec un auteur ou une auteure, j’aime bien leur demander : « Quelles sont les couvertures de livre qui vous ont marquées ? Et pourquoi ? Est ce que c’est la couleur qui vous a plu, la composition ? ». Leurs réponses m’aident à cerner leurs attentes et la direction que prendra le projet : illustrations impactantes au trait simple et épuré, compositions plus complexes avec nombre de couleurs et d’éléments, et même collage, montage photo… Le champ est vaste !
Quelles sont les principales étapes de la création d’une illustration pour la couverture ou pour l’intérieur d’un livre ?
Sarah : Tout commence par une prise de contact avec l’auteur. En général, il arrive avec des idées ou une vision pour la couverture, et c’est aussi à ce moment là que je reçois le manuscrit ainsi qu’un résumé de l’ouvrage.
Je prends toujours le temps d’avoir une discussion approfondie avec l’auteur, et très souvent nous nous appelons : cela permet de créer un lien plus personnel qu’à l’écrit et de mieux se comprendre. C’est aussi à ce moment là que l’auteur peut m’envoyer des exemples (s’il en a) du style d’illustrations qu’il affectionne.
Ensuite, je commence mes recherches et réalise des esquisses rapides pour proposer différentes compositions. Une fois qu’un des crayonnés est validé, je finalise l’illustration.
Vient ensuite le moment de choisir la police d’écriture, d’ajouter le texte (titre du livre, nom de l’auteur) et de réaliser la quatrième de couverture ainsi que l’épine.
Bien entendu, le dialogue est très présent et chaque étape est ponctuée d’échanges avec l’auteur pour s’assurer que tout est en accord avec sa vision.
Comment se déroule la collaboration avec les auteurs ? Est-ce qu’il t’arrive de travailler plusieurs fois avec le même auteur ?
Sarah : La collaboration avec un auteur repose avant tout sur un dialogue constant. L’auteur me confie un projet qui lui tient à cœur, souvent un manuscrit dans lequel il a investi beaucoup de lui-même. Mon rôle est de m’immerger dans l’atmosphère de son livre et d’en révéler l’aspect visuel. Cela va donc plus loin que de simplement appliquer une consigne ! Cette proximité aboutit souvent à une relation de confiance et il m’arrive donc très fréquemment de collaborer à plusieurs reprises avec le même auteur.
Quels sont les défis à relever dans ton métier ?
Sarah : Le principal défi est souvent lié au budget. Beaucoup de personnes ne réalisent pas le temps et le travail que prend la création d’une illustration originale. Entre les recherches, les esquisses, la finalisation et les différentes techniques utilisées (peinture, crayons de couleur, illustrations numériques à la tablette, collages…) : chaque étape demande du temps si l’on veut arriver à une image parlante et vraiment originale, qui reflète l’esprit du livre et ne se verra nulle part ailleurs.
Et souvent, les dessins les plus simples en apparence sont ceux qui ont demandé le plus de travail. Rien ne doit être laissé au hasard dans la composition : le choix de l’élément représenté, la précision du geste… Tout compte !
En quoi ton travail d’illustratrice est important pour l’industrie du livre ou pour la publication d’un livre ?
Sarah : Aujourd’hui, la concurrence dans le monde de la littérature est rude. Même si un ouvrage est passionnant, bien écrit, que l’histoire est haletante, il peut vite se perdre parmi des centaines d’autres sur les rayonnages. La couverture joue un rôle majeur : c’est elle qui va capter l’attention du lecteur et lui donner envie (ou pas) de s’arrêter, de prendre le livre et de le feuilleter, de lire le résumé au dos. C’est donc, à mon sens, crucial d’avoir une image forte, parlante et originale.
Et puis à l’heure où l’intelligence artificielle prend de plus en plus d’ampleur et où nous sommes inondés d’images formatées, il peut être tentant de suivre cette direction. Je ne dis pas que l’outil n’a pas son utilité ! Mais, de même qu’un livre s’écrit avec le cœur, une image se crée avec passion, en s’imprégnant du récit qu’elle présente. Cela peut vraiment faire la différence.
Que penses-tu de l’affirmation : “Une image vaut mille mots’’ ?
Sarah : Elle parle d’elle même ! J’ajouterais que la couverture d’un livre ne doit pas se contenter de « résumer » le livre, elle doit plutôt faire un pas de côté pour susciter la curiosité, y apporter une dimension supplémentaire; de la même façon qu’on saisit parfois l’entièreté du titre d’un livre après en avoir terminé la lecture.
Merci pour cet échange enrichissant !
Pour suivre mes projets et découvrir davantage mon travail, voici mon site internet : www.sarahfatmi.com et ma page Instagram : @ssarahfatmi
Merci Sarah pour cet aperçu sur ton beau métier !
Que vous ayez simplement besoin d’une illustration créative et unique pour votre page de couverture ou que vous ayez un projet d’album illustré nécessitant un certain nombre de dessins, n’hésitez pas à nous contacter et il nous fera plaisir de vous mettre en relation avec Sarah ou avec une autre illustratrice de notre équipe !
Comment s’est déroulé votre projet et notamment votre collaboration avec notre illustratrice Sarah Fatmi ?
« C’est avec une grande fébrilité et des questionnements plein la tête que j’ai décidé de mettre en branle le projet de publier mon premier roman.
Après avoir consulté, reconsulté et discuté avec des amis, c’est le nom de BouquinBec qui revenait sans cesse. J’ai pris mon courage à une main, l’autre a composé leur numéro de téléphone. Dès la première conversation, je me suis senti bien écouté par le personnel courtois et dédié. Sans me faire de pression, on m’a exposé la gamme de services et on m’a laissé décider ce qui me convenait le mieux.
Dans un court délai, j’ai eu l’assistance de Sarah qui a exactement saisi ce que je voulais comme page couverture. S’en est suivi la mise en page, une première épreuve et à mon grand bonheur la publication du livre, et ce, dans le délai convenu.
Quelle joie que de tenir dans mes mains mon roman, qui je dois le souligner, sans l’équipe chevronnée de BouquinBec serait peut-être encore un fichier sur mon ordinateur. Le produit fini est de grande qualité. Merci à tous les membres de cette équipe. »
GUY ROY, AUTEUR











